Songs For The Deaf : la genèse

Vous le savez je suis relativement monomaniaque.
Éclectique aussi, pour la contradiction, mais il y a toujours quelque part cet aspect redondant de focus.
Il en va ainsi de Josh Homme et de son travail.
Je n’en ai pas encore parlé ici, d’autres l’ont fait bien mieux que moi partout, mais tout de même pour l’info, les Queens Of The Stone Age sont en studio pour enregistrer leur nouvel album.
Avant même de l’avoir écouté je sais que ce sera un monument du rock and roll.
Dave Grohl est de retour à la batterie… Trent Reznor sera de passage… Et cette rumeur de Nick Oliveri en guest…
Je frissonne de folie.

Cette actualité des QOTSA a amené l’excellente et historique radio BBC Radio 1 (souvenez-vous d’Hendrix « Radio 1, you’re the only one ») a consacrer hier deux heures de programme sur la genèse de l’incroyable album Songs For The Deaf.
L’émission peut être écoutée ici.
Interviews de Josh, Nick, Dave, Mark, influences, musique, photos… C’est très complet et surtout basé sur l’essence du projet à savoir les interventions des musiciens eux-même… De l’or.

Jeff Beck

Jeff Beck est l’un des plus grands guitaristes que j’ai pu entendre.
Ce mec est un génie qui est un véritable caméléon de la musique.
Il possède une culture musicale telle, qu’il peut sortir un album de surf music, un album de psyche rock, rock 60’s, jazz, jazz-rock, blues… comme si il s’agissait d’un des maîtres du style, un précurseur ou bien simplement le type d’artiste qui n’a joué que de ce style toute sa vie…

J’adore également Jeff pour sa patte reconnaissable parmi mille, ces petits coups de médiator en « violin » qui nous ont régalé dans Blow By Blow (puis dans tous ses autres albums quasiment, Jeff, Emotion & Commotion…).
Et surtout, SURTOUT, Jeff Beck n’a jamais été ringard. Il a toujours su se renouveler, proposer quelque chose dans l’ère du temps qui est toujours du Jeff Beck mais au gout du jour. Et j’en connais très peu qui sachent faire ça.
Soit les mecs restent scotchés à ce qu’ils savent faire depuis leur début (Clapton par exemple), soit ils s’aventurent à composer ce qu’ils entendent des jeunes qui prennent la relève mais se vautrent lamentablement… (vous voyez très bien ce que je veux dire, ces interviews que l’on peut lire ou voir de tel ou tel mec qui a explosé dans les 80’s et qui en 2011 porte toujours la même chemise et coupe de cheveux, ce même type qui pense avoir la parole absolue et le goût ultime parce que eh ! merde ! il a cartonné au Top Of The Pop 86′ !)
Pas Jeff.

Tout ce que j’ai pu écouter de Jeff Beck m’a scotché. Toujours.
Je suis retombé sur une compil’ de son passage dans les Yardbirds.
Quasiment le best-of des Yard’ !
Jeff Beck dans le genre super groupe c’était aussi Beck, Bogert & Appice. Avec une sombre histoire concernant le tube « Superstition », j’ai entendu dire que Stevie Wonder se la serait plus ou moins approprié, reléguant Beck au statut du mec qui « reprend » la chanson…

J’ai donc écouté son dernier album en date, Emotion and Commotion sorti en 2010.
Et bah voilà. En 2010 Jeff est toujours hallucinant.

Découvrez la playlist Jeff Beck avec Jeff Beck

La Genèse : Rory Gallagher

Très souvent quand je parle de musique avec quelqu’un, on en vient à citer nos héros. Et très souvent après avoir parlé d’Hendrix, Josh Homme & co, j’oublie de nommer de loin l’un de mes préférés, Rory Gallagher.

Rory Gallagher

Virtuose de la guitare, il a mené une carrière relativement discrète au vu de son potentiel de « guitar héro ». C’était un choix délibéré de sa part, il a toujours fui le star system et les grosses tournées à l’américaine.
En plein conflit en Irlande, il était l’un des seuls musiciens rock à oser y jouer et faire danser les foules.
Ce qui nous amène à son chef d’œuvre, son live Irish Tour enregistré en 1974 lors de concerts donnés aux Belfast Ulster Hall, Dublin Carlton Cinema et Cork City Hall.
Il était accompagné de Gerry McCoy à la basse, Rod de’Ath à la batterie et Lou Martin au piano.
Le résultat est au rendez-vous : nous avons le droit à l’un des plus grands live de rock and roll de tous les temps.
Gallagher et son blues-rock teinté de folklore irlandais nous transporte et nous fait rêver (« As The Crow Flies »), fait hurler sa Strat série L dévernie avec ses solos tantôt hurlants, tantôt fins (« Walk On Hot Coals »), entraîne le public dans une frénésie fédératrice (« Who’s That Coming? »), ou bien encore chante l’avenir, le prémonitoire, la tristesse… (« Too Much Alcohol »).
Ce live a été accompagné d’un reportage vidéo filmé par Tony Palmer, disponible aujourd’hui en dvd, le seul regret étant que les images tournées de Rory en live ne collent pas toujours à ce qu’il joue (un premier plan il a sa strat, celui d’après sa télécaster, et ce pendant la même chanson). Mais ce détail n’affecte presque pas le plaisir de regarder cette splendide performance.

Rory Gallagher aura été un artiste complet, jouant de la guitare, de la mandoline, de l’harmonica (oh oui, son harmonica est un des éléments clés de l’Irish Tour) et  enregistrera 14 albums.
Il nous quittera en 1995 comme il le disait lui même, d’un « trop plein d’alcool ».

La Genèse : The Yardbirds

J’ai décidé de créer une nouvelle catégorie, celle de La Genèse du rock.
L’idée est de rappeler et rendre hommage à ceux qui m’ont amené à écouter du rock, à l’aimer et surtout à prendre une guitare pour me déhancher comme si j’étais devant les quelques 300 000 personnes venues à Woodstock en août 69.

The Yardbirds

Et j’ouvre donc ce chapitre avec les incroyables Yardbirds.

Et quel groupe ! Si je vous dis Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page, cela vous dit quelque chose ?
Aussi fou que soit tous ces noms réunis sous un même étendard, The Yardbirds c’est avant tout une formation britannique qui connaitra de nombreux changements de line-up mais tout en gardant une base fixe, celle de leur début en 1963, à savoir Keith Relf (chant), Jim McCarty (batterie), Chris Dreja (guitare) et Paul Samwell-Smith (basse).

L’épopée du Rock comme on la connait n’aurait probablement jamais eu le même visage sans les Yardbirds… Tous ces grands guitaristes que sont Page, Clapton et Beck ont fait leurs premières armes dans ce groupe avant de partir chacun de leur côté pour monter leur projet (respectivement, Led Zeppelin, Cream et The Jeff Beck Group). Ce qui a eu pour incidence de créer au fil des années une nouvelle synergie aux essences de blues et repoussant sans cesses les limites du rock de la scène londonienne.

Au départ les Yardbirds se contentaient de reprendre des classiques blues, une façon de rendre hommage à leurs propres héros et de jouer la musique qu’ils aimaient. Puis arrive Eric Clapton fin 1963; jusqu’en 1965 ils se rodent et sortent leur première composition, For Your Love. Carton immédiat, on y découvre une nouvelle sensibilité, un sentiment de fraicheur souffle et surtout, on sort du traditionnel carcan blues.
Fin 1965 Jeff Beck remplace Eric Clapton et c’est à ce moment là (à mon gout), que les Yardbirds vont véritablement prendre leur envol et composer de pures merveilles (Jeff’s Boogie, Steeled Blues, Lost Woman…). Jeff Beck et sa vision futuriste de la musique (qui se vérifie encore aujourd’hui), va propulser les Yardbirds au rang de ces groupes de légende du rock anglais.
En juin 1966 c’est au tour de Sir Jimmy Page d’intégrer les Yardbirds en tant que bassiste dans un premier temps puis comme guitariste ce qui nous apparait à tous comme une évidence. Jusqu’en juin 1966 Beck et Page feront pleurer et hurler leur guitare côte à côte pour le plus grand bonheur de leur public toujours plus nombreux.
Puis Beck suit son propre chemin et laisse Page au contrôle de la machine rock’n’roll Yardbirds.
Les Yarbirds vont continuer leur exploration du rock jusqu’en 1968 mais le départ de Jeff Beck laisse un vide créatif derrière lui qui aura pour effet d’effriter quelque peu la cohésion du groupe et de faire partir Keith Relf et John McCarty de leur côté pour monter ensemble un nouveau projet.
N’en déplaise à Jimmy Page, celui-ci fait appel à certains musiciens de sa connaissance répondant aux noms de Robert Plant, John Bonham et John Paul Jones. Et voici les nouveaux Yardbirds au complet prêts à affronter le monde avec leurs riffs ravageurs et si fantastiques.
Ah oui, j’oubliais presque, ces New Yardbirds changeront de nom des suites d’une boutade du charmant gentleman qu’était Keith Moon, l’hallucinant batteur des Who, adoptant dorénavant l’anti-prophétique nom de Led Zeppelin.

Je tiens à rappeler qu’il n’y avait pas que ces 3 virtuoses de la guitare dans les Yardbirds, bien que ce soit difficile de ne pas en parler avec hystérie, Keith Relf était un excellent chanteur, ayant une véritable aura quand il montait sur scène, quant à Chris Dreja, Jim McCarty (le beau gosse du groupe) et Paul Samwell-Smith, ils tenaient très bien leur rôle et c’est grâce à eux que nos amis guitaristes ont pu connaitre l’autoroute du plaisir blues-rock enflammée de solos tonitruants et sortis de nul part… (Ré)écoutez des titres comme I’m a Man, The Train Kept a Rollin’ ou bien Evil Hearted You et vous comprendrez de quoi je parle.

Pour illustrer cet article je vous propose en toute simplicité le premier hit des Yardbirds, à savoir For Your Love (1965).