J’aime Darwin
20h15 au supermarché.
Comme à l’accoutumée en rentrant du boulot on se doit de passer se ravitailler en vivres (céréales+lait, et oui depuis mon tout jeune âge mon alimentation est fondamentalement basée sur ce savoureux mélange).
Cependant, cette journée est étrange. Quelque chose de chaotique dans l’air se fait sentir, l’atmosphère est quelque peu pesante. Ou bien simplement et pour rester cartésien, ces bourasques de vent me donnent l’impression qu’un pot de fleur va tomber du 5ème étage de cet immeuble pour venir directement s’écraser sur ma tête.
Même si Eole ne veut pas que je rentre dans ce néonrium alimentaire, j’arrive tant bien que mal à m’introduire par cette porte si facile, elle ne pose décidément aucunes questions aux inconnus, « gliss gliss gliss » est son crédo.
Et là, Surprise. La faune est jeune, dynamique et non agressive. Si, si, ni violence, ni stress, pas même une bousculade à l’horizon. Les gens sont courtois et patients. Je ne peux retenir un léger sourir en contemplant ces caisses si fluides. Je glisse à mon tour à travers tous ces rayons, aucune retenue, le carrelage est glace et la grâce nous touche.
J’en finis rapidement avec mes courses et rentre satisfait chez moi. J’en avais oublié le milieu hostile extérieur.
Bien évidemment, comme toujours je déballe mes maigres provisions et lache un sombre « merde ». La lessive manque à l’appel. Tant pis j’y retourne demain.
20h15 le lendemain même supermarché.
Le temps est plus doux, le vent se fait discret et le quartier général de l’alimentation de masse est submergé de cadits poussés par ces petits yeux affolés plantés au milieu de ces nombreuses petites têtes permanentées.
Le stress suinte par les murs et les commentaires sont nombreux pendant ces 20 minutes d’attentes à la caisse (car comme vous le savez, la permanentée rose à une facheuse tendance à commenter chacun de ses gestes de sa voix fébrile et suffocante). Tout cela pour un paquet de lessive et un déodorant déniché dans un éclair de lucidité qui m’a fait me rappeler l’utilité primordiale de cet accessoire de lutte contre les désagréments hormonaux.
Je ressors finalement lessivé de cette mission qui s’est avérée bien plus épuisante que mon précédent combat face à la tempête.
La nature fait bien les choses ne l’oublions pas, surtout quand la sélection naturelle nous préserve du calvaire de l’affront de ces chères amies à la discussion si passionnante.