
Je suis le premier à m’en plaindre, le premier à jurer quand il s’agit de le décrire , le premier à porter ce regard noir sur le mec qui m’a bousculé, et pourtant…
Pourtant il y a ce que j’appelle les rames que j’aime. Plus exactement ces gens que j’aime.
Car oui, il arrive (rarement) que je tombe sur des « échantillons » de personnalités amusantes, agréables et intéressantes réunies toutes ensemble pour une courte durée dans cette rame de métro bruyante.
Ces moments privilégiés que m’offrent le métro rattrapent toutes les fois où il me déçoit. Je suis le spectateur heureux d’une synergie ambiante qui s’installe comme s’il s’agissait d’une évidence.
Ce qui m’amène à parler de cela c’est ce retour de boulot hier soir sur la ligne 9.
Un métro bondé comme d’habitude sauf que les gens étaient joyeux pour une fois.
Le ton était tout de suite donné par ces quatre ou cinq jeunes potes (garçons et filles) qui picolaient leur bouteille de punch, ils se marraient et communiquaient leur bonne humeur.
Ce vieil homme commençait à s’en plaindre en attrapant la manche de son voisin qui, sans se trouver déstabilisé par cette « attaque » sociale que représente une discussion spontanée surprise si crainte par nous, chers parisiens, engagea la discussion et le calma.
Un des jeunes commença à proposer à boire (toujours dans cet esprit bon enfant, rien de vulgaire ni de grossier) à un homme en costard seul, si triste dans son coin, qui se marra à son tour et lui expliqua que c’était gentil de proposer mais sans façon… Le tout en ajoutant qu’il n’y avait aucun mal et qu’il trouvait cela sympathique un peu de joie quand le jeune homme commença à s’excuser pour leur comportement si jovial.
Un couple assistait le regard amusé au spectacle, deux jolies nanas étaient plongées dans leurs pensées musicales et quant à moi je me marrais, posté au milieu de ce brouhaha, ne perdant aucunes miettes des diverses discussions…
Arrivé à République, j’ai emboité le pas au nouveau compagnon de ce vieux monsieur, suivi par les jeunes et l’effervescence se dissipa rapidement dans les couloirs du métro, aussi instantanément qu’elle ne fut créée.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu un de ces moments si précieux, et pour cela, je voudrais dire merci à tous ces inconnus.